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Ola todos !
La vie est un long fleuve (tranquille ou pas : je vous laisse rayer la mention inutile).

En tout cas, dans la BD, elle est depuis quelques temps jalonnée par des événements plus ou moins sulfureux : depuis l’affrontement entre Bourgeon/Lacroix et Casterman (après son rachat, comme Fluide Glacial, par le groupe Flammarion qui appartient désormais au groupe de presse italien Rizzoli Corriere Della Sera), le dossier Media Participations vs Dupuis (ou l’inverse), l’affaire Villebrequin-Obion/Casterman, le tumulte angoumois et son jeu de chaises musico-éjectables, le rachat inespéré de L’Écho des Savanes par Glénat à Hachette (créant ainsi le label Vent des Savanes), jusqu’au buzz créé autour de Tintin au Congo et l’évident colonialisme contextuel d’Hergé, sans parler des maints soubresauts protectionistes des Rodwell, zélés défenseurs de la cause juridico-financière hergéenne. Dernièrement, c’étaient Les Humanoïdes Associés qui annonçaient leur entrée commerciale dans le catalogue de diffusion DelSol (société créée par les éditions Delcourt et Soleil), quittant ainsi La Diff, après moults vicissitudes depuis les années 80.

Que de remoults dans l’univers BD ! Il est loin le temps des petites mains travailleuses. Quoique dans les mangas, elles sont nombreuses ces mimines ! Mais là plus qu’ailleurs, la production est quasi-mécanisée : travail à la chaîne, studio de dessinateurs (en littérature, on appelle ça des « nègres » : demandez à Paul-Loup Sullitzer, il connait bien le truc), rythme éffréné...

Mais passons. Le petit monde des phylactères (si je dis « bulles », on va se croire dans Némo... et « ballons », dans une histoire de football !) est vraiment de plus en plus soumis à la loi de la l’économie et du marché. Enfin, quand je dis « petit monde », je parle en fait de la partie émergée de l’iceberg : celle des « gros » éditeurs. Car dans la nébuleuse éditoriale qui gravite autour, inspirant bien souvent les gros ou leur chippant des récompenses que d’aucuns qualifient d’imméritées, des éditeurs se sortent les doigts du cul pour nous faire (re)découvrir des auteurs ô combien talentueux !

Je pense aux éditions :

- Atrabile et leurs Jason, Frederik Peeters, Baladi, Nicolas Presl, etc., et dernièrement Ibn Al Rabin avec L’Autre Fin du Monde ou Graham Annable pour La Force des Choses ;

- Çà et Là et ses Judd Winick, Andy Watson, Joel Orff, Karlien de Villiers, Catherine Doherty, etc., et Le Cancer de Maman de Brian Fies ;

- Akileos et Ted Naifeh, Eric Shanower, Greg Rucka & Steve Lieber, Ceka, Clod, Griffon ;

- La Boîte à Bulles avec Nancy Peña, Raphaël Terrier, Benoît Rivière & Hallain Paluku, Clément Baloup, José Roosevelt, Pierre Henri & Louis Alloing, Michel-Yves Schmitt, Vanyda, Nabiel Kanan, Jérôme Anfré et consorts ;

- Rackham et Fidel Martinez & Jorge García, Javier de Isusi, Peter Bagge, Alex Robinson, Daniel Clowes, Alberto Breccia, Jean-Pierre Dufour & Didier Kelvin, Jim Borgman, Tony Millionaire, Joe Sacco, Frank Miller... ;

- 6 Pieds Sous Terre pour James & La Tête X, Pierre Duba, Nicoby, Paco Roca, David Vandermeulen, Ambre, Lionel Tran ;

- Cornélius grâce à Charles Burns, Blutch, Robert Crumb, Shigeru Mizuki, Ludovic Debeurme, Claire & Jake, David Mazzuchelli, Willem... ;

- Les Requins Marteaux et Philippe Squarzoni, Guillaume Guerse, Pichelin, BlexBolex, Winschluss, Guillaume Bouzard, Pierre Druilhe, Fifi, Besseron, Quentin Faucompré... ;

- V2O et Mike Kunkel ; L’Oie de Cravan et Obom ; sans oublier L’Association, Vertige Graphic, Carabas, [Treize Etrange], Mosquito, Paquet, Petit à Petit, EP Editions, La Cafetière, Les Rêveurs, Ego Comme X, L’An 2, Frémok... (pardon pour ceux que j’oublie)

Et à tous ceux-là, je veux dire merci de nous faire découvrir une bande dessinée originale, souvent loin des formatages éditoriaux. Et même si des éditeurs plus forts économiquement reprennent à leur compte certains de leurs auteurs, de leurs formats, de leurs sujets, c’est tout à leur honneur : ils montrent ainsi l’importance de ces éditions et des auteurs qu’elles nous font partager !
Finalement, la BD, c’est comme le football : les « petits » clubs formateurs révèlent les talents pour qu’ils puissent éclater à la face des spectateurs/lecteurs.

Et "Boom" ! un talent dans la gueule ! C’est toujours mieux qu’un talon mal placé...